Haiti Dispensaire Avril 2011

BILAN MISSION A JACMEL DU 3 AVRIL AU 12 AVRIL 2011.

La mission a été effectuée par Claude Lett, président d’Aides Actions Internationales Pompiers accompagné par Nadia Georges médecin de Pompier International des Côtes d’Armor. A noter que Nadia a financé son billet d’avion.

Ce binôme représentait également l’association des Pompiers Humanitaires de Normandie, partie prenante dans le projet de construction d’un dispensaire sur la commune de Jacmel.

La mission avait pour but principal :

Le lancement de la construction du dispensaire,

Et en but complémentaire :

Assurer des consultations médicales dans des orphelinats de Jacmel et de Port-au-Prince.

I. LE DISPENSAIRE

Signature de l’acte de vente du terrain :

 La signature de l’acte définitif de vente du terrain de 876 m² situé dans le quartier des Salines a été effectuée en présence du clerc de notaire, du vendeur et de son mandataire et des représentants des deux associations. Elle a abouti à la remise d’un certificat d’arpentage, faisant office d’acte de propriété et permettant le début des travaux, sous réserve de la remise au notaire d’un certificat de « contre-arpentage » à charge de l’acheteur, permettant à son tour l’enregistrement officiel des documents à la chambre des notaires.

 Les démarches de « contre-arpentage » ont depuis le 15 avril 2011 été effectuées par le délégué des trois associations sur place (Maxito) et par le clerc de notaire.

 Il a été décidé de clôturer le terrain dès que possible.

 La parcelle a été acquise pour la somme de 12630.01 euros, auquel s’ajoutent les frais de notaire et taxes d’un montant de 2476.80 euros.

Construction du dispensaire :

Nous avons rencontré deux firmes :

La première l’association CROSE qui travaille avec les jeunes haïtiens, dans le but de leur donner un avenir,

La seconde est une firme de construction de boss « artisan » privé.

Claude demande à CROSE de nous fournir des explications sur leur devis initial d’une valeur de 56000 € soit 2 800 000 gourdes. L’explication est un peu évasive de la part de l’ingénieur et du responsable de CROSE, Claude précise que nous ne sommes pas là pour voler les haïtiens, mais pas là non plus pour se faire plumer comme des dindons.

Rencontre avec Raphaël Oxygène JEAN-BAPTISTE qui est Ingénieur Civil Directeur Technique D’AGHETIP firme de boss sur Jacmel et Port au Prince, après une visite sur le terrain et présentation du plan celui-ci nous demande deux jours pour nous transmettre un devis.

Béton armé $ us 1000 / m2. Béton armé et toiture en tôles $ us 800. Béton et bois (Mixte)

$ Us 600 / m2, pour mémoire le bâtiment fait environ 90 m2.

Nous récupérons François Couder de l’association Kayiti et Michel Rivoire de la fondation Mérieux à l’aéroport de Jacmel, avec qui nous sommes en contact depuis quelques mois, le mardi vers 14 h 15, nous allons directement voir deux maisons en ossatures bois montées par une fondation norvégienne, dont nous avons fait la connaissance en février.

Ensuite direction de CROSE avec eux. Kayiti est partenaire de cette structure, la présence de Michel et François détend complètement l’atmosphère, une présentation du projet non encore définitif avec de nouveaux plans du cabinet d’architecte Patriarche & CO est faite par Michel. CROSE attend le chiffrage effectué par Michel à Port au Prince et le retour de François dans la semaine sur Jacmel pour nous donner un devis définitif.

Esquisse du projet :

Bâtiment en trois branches

a) Enfants

b) Adultes

c) Techniques et Repos

Nous nous rendons sur le terrain de la Saline, Michel le parcourt de long en large pour définir le meilleur emplacement pour notre future structure. La fin de la journée est consacrée à des discussions très intéressantes sur les projets de la fondation Mérieux en Haïti.

Rencontre avec le premier adjoint de la mairie de JACMEL

Rencontre informelle, celui-ci admet que notre choix de la Saline est judicieux mais il pense que la situation sanitaire de l’arrière pays est catastrophique. Si nous le pouvons il souhaiterait que nous puissions dans les années futures faire l’installation d’un centre de soins primaires ailleurs que dans l’agglomération de Jacmel.

Le permis de construire devrait être déposé à la Mairie de Jacmel très rapidement par Maxito. Le premier adjoint s’est engagé pour nous aider.

Rencontre avec les intervenants médicaux de JACMEL 

Le docteur Gaspard est généraliste à JACMEL. Après un tour d’horizon sur la situation sanitaire de Jacmel, il nous assure de son soutien dans la mise en place du projet. Pendant notre présence il y a 4 ou 5 personnes qui attendent pour une consultation. Le coût de celle-ci est de 250 gourdes sans les médicaments. (250 gourdes = 5€).

Rendez vous avec les médecins hospitaliers de l’hôpital Saint Michel. Le lieu de discussions est une salle de consultations, un vieux drap « blanc » sépare la salle en deux, la peinture date des années 70 les murs sont encore lézardés. Les docteurs David, Bertrand et Garda participent à ce rendez vous, tous trois ont effectué leurs études à Cuba et aimeraient voir

évoluer le système haïtien vers le système cubain, à savoir des dispensaires de soins primaires et un hôpital de référence, comme pourrait être l’hôpital Saint Michel mais qui aujourd’hui ne joue pas ce rôle. Coût de la consultation 25 gourdes avec les médicaments. Ils souhaitent que notre projet arrive rapidement à son terme et soulage le service d’urgence de l’hôpital.

Les médecins hospitaliers de Jacmel ont également fait part d’une demande de formation en gestes d’urgence. Le Docteur Garda devrait se charger de rédiger un petit document précisant le contenu de la demande. Les médicaments excédentaires lui ont été remis à l’issue de notre séjour.

Il est acquis en accord avec les médecins locaux de faire payer à titre symbolique la somme modique de 25 gourdes (0.5€) pour une consultation et la remise de médicaments au dispensaire. Il s’agit en effet de ne pas déséquilibrer le système en créant une surenchère à la demande de soins et de lutter contre la revente de médicaments au marché noir.

Nota : Confirmation que MSF Espagne a quitté l’hôpital Saint Michel le 15 février.

Visite du dispensaire tchèque : Rencontre avec la nouvelle directrice du dispensaire elle est d’origine slovène avec des médecins hongrois dans une structure Tchèque. Elle nous confirme que le transfert des médicaments est très compliqué, il faut s’adresser à l’OMS à Port au Prince et le coût se situe entre 600 et 1000 USD par mois.

II. Consultations dans des orphelinats :

Suite au séisme, de nombreux enfants ont été regroupés dans des orphelinats, avec ou sans agrément des autorités locales. Il s’agit d’enfants véritablement orphelins ou abandonnés par leurs parents pour des raisons « économiques ». Les conditions de salubrité varient à l’ extrême d’une structure à l’autre, en fonction des aides recueillies par le « gestionnaire » local.

A noter que le gouvernement haïtien, plus ou moins absent depuis un an en raison de la conjoncture politique et du retard des élections présidentielles, ne fournit aucune aide, qu’elle soit d’ordre financière ou alimentaire.

Orphelinat de Marie-Catherine, Auberge de la Fraternité Port-au-Prince

La structure, tenue par une Française, subventionnée par une association française, regroupe 21 enfants en attente d’une adoption et accueille plus de 200 enfants à la journée (scolarité et repas du midi).

Les conditions de vie des enfants adoptables sont bonnes en regard de la conjoncture locale (nourriture et vêtements en suffisance, bonnes conditions d’hygiène, literie individuelle, plusieurs « Nounous  » et une infirmière).

Quelques consultations médicales ont été effectuées sur place, la faible ressource en médecins européens et la disparité de compétences des médecins locaux à Port-au-Prince rendant parfois les prises en charge « difficiles ».

Marie-Catherine nous propose pour l’avenir d’effectuer les transferts aéroport/orphelinat, de loger et nourrir nos équipes qui seront en transit obligatoire à Port au Prince avant de se rendre à JACMEL ainsi que pour les retours en France.

Cette proposition est retenue et dans le cadre de ce nouveau partenariat, nous lui proposons des consultations gratuites par le médecin de l’équipe, des avis médicaux par internet depuis la France si nécessaire, et un acheminement de vêtements et chaussures par les prochains arrivants.

Orphelinat de Marie-Josée, Institut chrétien des enfants pauvres 75 Rue Bourbon – Jacmel.

Cet orphelinat regroupe 41 enfants, dont 30 environ en âge de scolarité. Les conditions de vie sont extrêmement misérables, les enfants vivant dans deux pièces (chambre commune et cuisine à même le sol) et ne bénéficient que d’un seul repas par jour. L’orphelinat de Marie- Josée est passé d’une capacité de 10 enfants à 41 enfants après le séisme.

Marie-Josée entretient les enfants sur ses fonds propres et demande de l’aide alimentaire et en nature (vêtements, chaussures, produits de toilette, jouets..). Plusieurs enfants sont déscolarisés en raison du prix de l’inscription (500 gourdes, soit 10 euros par an), de l’uniforme (350 gourdes, soit 7 euros) et des frais de cantine (100 gourdes, soit 2 euros par mois).

La totalité des enfants a bénéficié d’une consultation médicale en raison d’un problème de santé avéré ou d’une visite systématique, avec don des médicaments.

Il a été remis 75 Kg de riz, 2 galons d’huiles, 16 Kg de pâtes et une tablette de beurre avant notre départ, permettant une « survie » d’environ 7 jours.

Orphelinat des Evangélistes, Route de Kaï Jacmel

Les conditions de vie dans cet orphelinat, bénéficiant de subventions de l’église, semblent relativement bonnes. Les enfants bénéficient d’au moins deux repas par jour et d’une literie individuelle dans de petites chambres communes. Plusieurs  » Nounous » sont employées par la structure. Des consultations médicales ont été effectuées, chez des enfants en relative bonne santé. Les enfants ont également reçus des dessins, fruit d’un échange avec des enfants d’une école de la Drôme.

Orphelinat du Père de Jude Orphelinat de Bomberger Kalkahle – Nord de Port-au-Prince

L’orphelinat de Bomberger, implanté au milieu d’une bananeraie et de manguiers, regroupe 22 enfants âgés de 2 à 15 ans. Il est tenu depuis 2007 par un haïtien âgé, en règle avec les formalités administratives, entretenant les orphelins sur ses fonds propres en l’absence d’aides de l’état. Les bananes et les mangues sont vendues au marché local pour engendrer un maigre revenu. L’homme est aidé par son fils, Jude, revenu récemment de Miami.

Les enfants bénéficient d’un seul repas par jour, d’une literie en mauvais état mais propre, d’une unique « Nounou ». Ils sont « scolarisés » sur place avec de faibles moyens (un tableau et des bancs).

Les conditions sanitaires sont moyennes (tous les enfants sont à vermifuger, une bonne partie présente des maladies de peau liées à la dénutrition et à la promiscuité).

Environ 25 consultations médicales (incluant des adultes) ont été effectuées avec remise des médicaments à titre gratuit.

Le « gérant » de l’orphelinat est demandeur d’aide en nature (nourriture, vêtements, chaussures, fournitures scolaires), que va tenter de lui faire parvenir Marie-Catherine, de l’Auberge de la Fraternité, en le mettant en relation avec des représentants du Programme Alimentaire Mondial et de militaires Chiliens.

Conclusion :

Signature de l’acte enfin effectuée, le projet est en route, il est vraisemblable de penser qu’il pourra s’effectuer sur une période proche d’une année.

Des partenariats ont été conclus.

Le choix de CROSE et de la construction du dispensaire en fonction des plans de Patriarche & CO nous semble être le meilleur rapport qualité prix.

Nadia Georges Claude Lett

18 avril 2011.

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